Montfort, l'inattendue

À deux pas de la capitale bretonne, Montfort-Sur-Meu a conservé ruelles pavées, maisons à pans de bois, demeures de schiste pourpre et vestiges médiévaux du château

 

Flânez dans ses rues et observez la ville d’un œil curieux, c’est un voyage dans le temps assuré, entre histoire et modernité !

Remontons le temps ...

La cité Montfortaise se développe au XIe siècle. C'est Raoul Ier de Gaël qui, après avoir défié son compagnon Guillaume le Conquérant, construit un premier château en bois sur une butte naturelle qui domine les rivières, le Meu et le Garun.

 

Au fil des siècles, la ville se transforme en place forte et le système défensif du château évolue. La cité est également protégée par des murailles et les habitants entrent alors par trois portes : la porte Saint Jean, la porte Saint Nicolas et la porte de Coulon.

Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

Cité colorée

Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

On voit la vie en « pourpre » ici !

Cette couleur violette domine l’architecture. La plupart des bâtiments de la cité sont édifiés en pierre de Montfort, appelé aussi poudingue. Elle a longtemps été extraite des carrières au cœur de la forêt voisine. Ces édifices en schiste rouge en constituent l'identité architecturale


Le Mail Renée Maurel

Cette partie de la ville fût réaménagée au XIXe siècle pour devenir le cœur administratif de la cité. Autour de la place se dressent alors à cette période, la salle de spectacle « L’Avant-scène » pouvant accueillir 400 personnes, la sous-préfecture (qui abrite aujourd’hui l'hôtel Montfort Communauté), ainsi que le tribunal. 

Celui-ci rompt totalement avec la ville médiévale avec notamment une façade néo-classique. Actuellement, il abrite la médiathèque Lagirafe.

L'édifice est gardé par

"une très grande dame",

l'avez-vous remarquée ?

Médiathèque - Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

En se promenant le long du mail, on aperçoit aussi des bâtiments datant plutôt du XVIIe siècle. C’est le cas du Couvent des Ursulines, qui se situait alors en périphérie du centre-ville. Depuis le XIXe siècle la mairie s’y est installée.

  

En face, la petite chapelle Saint-Joseph se situe sur l’emplacement original de l’église paroissiale de Montfort (église Saint-Jean). La porte en granit sculptée provient d'ailleurs de cette ancienne église. Jouxtant la chapelle, le presbytère a lui aussi connu différentes périodes de travaux. Il présente des vestiges du XVIIe, du XVIIIe et du XIXe siècle.

L'Eglise Saint Louis Marie Grignion

En haut de la rue du Hennau, l'église Saint-Louis-Marie Grignion domine la ville. Elle fut construite à cet emplacement au XIXe siècle.

 

Elle n'est pas implantée sur le site d'une ancienne construction religieuse, mais sur les ruines de l'ancienne motte féodale. Avant la construction de cet édifice, les fidèles se rendaient à l'église Saint-Jean (actuel emplacement de la chapelle Saint-Joseph).

Eglise Saint Louis Marie Grignion - Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

Rue de la Saulnerie

Les rues de la ville ont toute une histoire et leurs noms peuvent vous aider à identifier les activités et les métiers pratiqués au fil du temps. Que pouvait-on faire rue de la Saulnerie, place de la Cohue ? Qui avait-il place des Douves, rue de l’Horloge ?

 

 Mystère résolu, on vous dit tout !

 

Montfort-sur-Meu, comme beaucoup de villes au Moyen-âge, s’organisait par quartiers. La rue de la Saulnerie (la rue la plus ancienne de Montfort) conserve encore des traces des maisons « vitrines » et des greniers à sel, c’était principalement le quartier des commerçants. La maison natale de Saint-Louis-Marie Grignion se situe au N°15. Il fut le fondateur de deux congrégations religieuses : la Compagnie de Marie et les Filles de la Sagesse. Sonnez pour visiter l'intérieur et le jardin donnant sur les anciens remparts de la ville.

  

C'est une rue propice à la flânerie et à la découverte du vieux Montfort médiéval. 

Ruelles médiévales - Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

 

Observez la maison au N°10.

La plus belle demeure de la rue. Elle date du XVIe siècle !

La place des douves

Hum, avec cet indice, on est sûr que vous avez une petite idée de ce qu’elle pouvait être autrefois !

 

Effectivement, les douves sont aujourd'hui comblées et font office de parking et de place du marché le long du Meu. Au bord de ces anciennes douves, la muraille protégeait la cité sur toute la longueur. On voit encore actuellement les vestiges de ces fortifications. On peut d’ailleurs apercevoir la Tour du Pas d’Âne ! 

La butte aux mariées, kézako ?

 

Ce sont les dernières traces des fortifications de terre qui protégeaient la ville. 

Plus tard, au XVIIe siècle, à chaque fête de la St Jean, les demoiselles mariées depuis la dernière saint-Jean devaient monter sur la butte, se coiffer d’une couronne de chèvrefeuille, chanter et donner un baiser au châtelain. Quelle drôle de coutume !

 

Réservez votre vendredi matin pour faire un tour au marché, place des douves. 

Vous pouvez venir aussi le samedi matin, rue Saint-Nicolas, il y a un petit marché bio. 

Ça sent bon et ça donne faim ! 

L'Abbaye Saint-Jacques

L'Abbaye Saint-Jacques fut construite par Guillaume de Montfort, le petit-fils du fondateur de Montfort, au XIIe siècle. Elle fut édifiée à l’écart de la ville, dans un lieu calme et aux abords du Meu ; deux critères essentiels pour l'installation d'une communauté religieuse

 

Sa construction durera environ 4 années. L'abbaye devient au fil de son existence une nécropole où plusieurs abbés et seigneurs locaux sont enterrés.  Elle a connu différents ordres religieux.

 

En 1976, un incendie ravagea la toiture. Aujourd'hui, des campagnes de restauration sont en cours pour redonner vie au lieu, propriété privée.

 

L'Abbaye Saint-Jacques de Montfort constituait avec l'Abbaye de Paimpont et l'Abbaye de Saint-Méen, les grandes communautés religieuses des alentours. 

 

Son portail daté du XIVe siècle est inscrit aux Monuments historiques, visible de la route.


Le long de l'eau

Confluence du Meu et du Garun

En plus de protéger la ville au Moyen-Âge, les rivières ont développé l’économie locale au fil du temps. On retrouve d’ailleurs plusieurs traces d’activités artisanales le long du Meu et du Garun.

 

  • Des moulins servaient à la fabrication du tan. On broyait des écorces de chêne en poudre et on les utilisait pour tanner les peaux et fabriquer ensuite du cuir. Les tanneries étaient la principale activité artisanale de la ville jusqu’au XXe siècle.

 

  • De nombreux lavoirs longeaient aussi les cours d’eau. D’ailleurs, une douzaine de lavoirs étaient implantés sur les berges du Meu et du Garun au XXe siècle. Il y avait même un bateau-lavoir sur le Meu près de la place des Douves.
Lavoir - Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

 

Le plus beau lavoir de la ville se situe Boulevard du Colombier.

De là on a une vue magnifique sur le Meu et le moulin des Planches !

Boulevard du Colombier, on trouve aussi un drôle de bâtiment… un indice se cache sur sa façade !

 

Vous avez deviné ?

 

C’est un séchoir à linge muni de magnifiques volets à claires-voies. Le bâtiment tient son originalité de sa forme courbe. Au rez-de-chaussée, on trouvait des cabines de bain (avec baignoires s’il vous plaît). Cinq chaudières tournaient aussi à plein régime pour faire bouillir le linge. L’étage était destiné au séchage.

L’Étang de la Cane

Au Moyen-Âge, l'étang de la Cane alimentait un moulin. Mais cet étang avait surtout été créé pour défendre l'accès au donjon qui se situait à l'emplacement de l'actuelle église. Il a été ensuite asséché dans les années 1760, suite aux inondations qu'il provoquait dans le centre ville...

 

Aujourd'hui, la zone, traversée par le Garun, est propice à la promenade. Elle présente une riche biodiversité et des chemins et pontons ont été aménagés pour profiter pleinement des lieux.

Animaux fantastiques

La ville regorge de symboles et de références aux animaux. Tout une faune est présente dans la cité Montfortaise, dans le passé, comme le présent et dans le réel comme l'imaginaire... 

 

Ouvrez l’œil et dénichez les signes ! 

Tour de Papegault - Montfort-sur-Meu l'inattendue Petite Cité de Caractère

La tour de Papegaut

 

L'élément le plus remarquable est sans conteste la Tour de Papegaut. Elle fut probablement construite à la fin du XIVe siècle. Elle était reliée au donjon à l'ouest et à la tour du Capitaine à l'est.

 

Elle faisait partie intégrante du château. C'est d'ailleurs la partie la mieux conservée de l'enceinte médiévale. Au fil du temps, elle a connu différentes fonctions. Elle fut d'abord résidence et élément défensif du château, puis prison au XIXe siècle, et enfin entre 1984 et 2015, elle abritait la L'Ecomusée du Pays de Montfort.

 

Le jeu du Papegaut

 

La tour de Papegaut doit son nom à un jeu de tir : le jeu du Papegaut.

 

Une cible, représentant un oiseau "papegaut" (probablement un genre de perroquet), était disposé en haut de la tour. Ce jeu était réservé uniquement à la milice bourgeoise de la ville au XVIe siècle. Le vainqueur disposait d'une exonération d'impôts !


L'hydre-Serpent et les Seigneurs de Montfort

Le serpent multi-tête est présent sur deux bâtiments de la cité médiévale (Tour de Papegaut et rue des Dames).

 

C'est le blason des Seigneurs de Montfort. On raconte que l'hydre symboliserait le souvenir d'un combat entre le Seigneur de Montfort et l'animal lors des Croisades.

Blason des Seingeurs de Montfort - l'hydre-serpent

Le parc municipal et ses batraciens...

A l'origine, le cimetière et l'église de la paroisse Saint Nicolas occupaient cet emplacement. Le parc municipal ne date donc pas du Moyen-Âge.

 

Il a été aménagé par un ancien maire de la ville au XIXe siècle, qui racheta les terres à titre privé. Il s'inspira des jardins à l'anglaise qui étaient à la mode en France à cette époque. On trouvait alors des allées courbes ornées de plantations irrégulières et un petit îlot artificiel. Une dérivation du Garun permettait la circulation de l'eau. 

 

Subsistent de cette époque une dizaine d'ifs et quelques conifères exotiques. La commune racheta dans les années 1950 le parc afin de l'ouvrir au grand public et aux habitants. Une partie des anciennes prairies est désormais transformée en camping municipal

 

Laissez vous bercer par le chant des oiseaux et le coassement des grenouilles...

Vous pouvez aussi longer le camping pour découvrir la mare au fond du parc...

 

La Cane de Montfort s'y baigne peut-être... !

La légende de la Cane ou la femme oiseau

A ce propos, saviez-vous qu'avant de devenir Montfort-sur-Meu, on mentionnait la ville par Montfort-La-Cane ? L'animal est d'ailleurs, depuis le Moyen-Âge, le symbole de la cité.

 

On raconte qu'une belle jeune fille, prisonnière du Seigneur de Montfort pria nuit et jour saint-Nicolas, patron de la paroisse, de la faire évader du château. Pour lui permettre de s'évader, le saint la changea en cane... La venue annuelle d'une cane et de ses canetons, lors de la fête Saint-Nicolas, pendant près de 3 siècles à laissé de nombreuses traces dans la ville ; rue de la Cane, Restaurant de la Cane, étang de la cane, Cinéma la cane...